Ubuntu 19.04, Boostnote, Google-drive-ocamlfuse et Thunderbird

Ubuntu laptop
Ubuntu Laptop

Depuis ma découverte d’Ubuntu en 2006, j’ai toujours suivi de près les évolutions de cette distribution que j’apprécie particulièrement. Si du fait de mon activité professionnelle j’utilise désormais Windows 10 au quotidien, je tente régulièrement des installations de distribution GNU/Linux sur mon ordinateur portable. Ces dernières années, je me suis frotté à plusieurs d’entre elles : Manjaro, Antergos, Xubuntu ou encore Solus. Oui, je suis plutôt versatile quant à mes choix de distributions GNU/Linux. Mais celle qui m’a fait découvrir cet univers Libre a toujours eu ma préférence.

Il y a deux semaines, j’ai donc retenté l’aventure Ubuntu sur mon Lenovo Yoga 13.

Avant-propos

Ce billet est un condensé de 3 brouillons. Initialement, j’avais prévu de publier une mini-série de billets sur le thème « Mon retour à GNU/Linux ». Je m’étais fixé pour objectif de conserver un dual-boot Windows 10 / Ubuntu pour pouvoir tester différents outils et bien entendu, partager mes expériences avec vous.

Malheureusement, suite à un crash du programme d’amorçage Grub lors d’un déplacement professionnel, j’ai fait le choix de revenir à Windows 10 en mono-boot. Je ne peux me permettre de subir ce genre de désagrément, surtout lorsque je suis hors du bureau. Pour le moment, je n’ai malheureusement pas de temps à consacrer à une nouvelle réinstallation mais j’espère retenter l’aventure prochainement. En attendant, voici mes premières impressions rédigées au fur et à mesure des mes essais.

Ubuntu 19.04, un très bon cru

Ubuntu wallpaper
Ubuntu

J’avais initialement prévu d’installer Solus et son fameux bureau Budgie que je trouve particulièrement bien foutu mais après mûre réflexion, j’ai préféré rester sur une valeur sûre : Ubuntu. Outre l’importante communauté derrière cette distribution, c’est surtout sa logithèque complète qui a fait pencher la balance. Ubuntu, c’est donc avant tout le choix de la raison. Et puis, je ne vous le cache pas, j’ai toujours beaucoup aimé cette distribution qui, comme dit plus haut, m’a permis de découvrir GNU/Linux.

Premier essai : Ubuntu 18.10. Cette version s’est avérée pour le moins inutilisable. J’ai rapidement constaté des lenteurs voire des bugs pour le moins gênants. Un exemple ? Il m’était impossible d’enregistrer les modifications d’un document Excel dans LibreOffice Calc sans qu’il ne plante lamentablement. Certes, le document en question était relativement « lourd », mais tout de même ! J’ai bien conscience que ce n’est pas la faute de l’OS mais j’attends de mon système qu’il soit un minimum stable et performant. Ce n’est pourtant pas le facteur principal de mon passage à la mouture 19.04. Non, ce qui m’a le plus refroidi, c’est la lenteur de Gnome. Honnêtement, c’était insupportable. Lorsque je lançais une application ou, plus simplement, que j’écrivais du texte dans un éditeur pourtant peu gourmand en ressources (Gedit), j’avais des latences considérables.

J’ai donc rapidement laissé tomber la version 18.10. pour la 19.04, nommée Disco Dingo. Et franchement, bien m’en a pris ! Quelle différence ! Finies les latences insupportables. Pas mal pour une version non finalisée au moment de mes tests. Bon ok, on était plus sur de la « Release Candidate » que sur de l’alpha mais quand même, je ne m’attendais pas à une telle différence. La légèreté de la version de Gnome embarquée sur Disco Dingo est tout simplement bluffante. J’ai également eu la bonne surprise de constater un gain au niveau de l’autonomie. Ce n’est sans doute qu’une impression mais elle me semble légèrement supérieure à celle que j’observe sous Windows 10. Certes, n’ayant pas effectué de réel benchmark, je ne peux corroborer cette perception mais à vue de nez, je dirais que le gain avoisine la demi-heure.

Je ne reviendrais pas sur l’installation en tant que telle car aujourd’hui une distribution GNU/Linux s’installe plus aisément qu’un Windows 10. Si, si, franchement. Pour avoir effectué de nombreuses installations de Windows 10, je peux vous dire que la configuration post-installation est loin d’être une sinécure. Avec Ubuntu, c’est “Suivant », « Suivant », « Terminé” et le tour est joué. Cerise sur le gâteau, le chiffrement du disque se fait d’un clic. Il suffit d’entrer une “pass-phrase” et là aussi, le tour est joué.

Une fois mon système d’exploitation opérationnel, je suis passé à l’installation des logiciels qui me sont indispensables. Rappelez-vous, en 2015, je listais les logiciels que j’utilise selon l’OS installé. Force est de constater que cette liste n’a que très peu évolué. J’y reviendrai sans doute dans un prochain billet.

Boostnote, un bloc-notes prometteur

Boostnote, note d'accueil
Boostnote, couteau suisse de la prise de notes

L’outil le plus indispensable à mes yeux est le bloc notes. Attention, je ne parle pas de la bouse immonde qu’est le logiciel sobrement nommé Bloc-notes inclus dans Windows. Non, je parle d’un véritable outil de prise de notes comme l’inégalable OneNote. Ce logiciel est d’ailleurs le principal frein à mon retour total sous GNU/Linux car à ce jour, je ne lui est pas trouvé d’équivalent sérieux.

Pourtant, après de nombreuses recherches et de nombreux tests, je pensais en avoir trouvé un qui, ô joie, est « presque » multiplateforme : Boostnote. Certes, il est bien moins fourni en terme de fonctionnalités et n’est pas aussi souple dans son utilisation que son concurrent « privateur », mais il dispose tout de même d’un atout non négligeable : l’édition en Markdown.

Vous ne connaissez pas Markdown ? Pour la faire courte : c’est un langage de balisage léger permettant de formater du texte, tout en conservant sa lisibilité. Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à jeter un œil au blog de mon ami Tangi Bertin.

Mais revenons à nos moutons. Parmi ses nombreuses fonctionnalités, on retrouve l’indispensable synchronisation des notes sur le cloud. Grâce à Google Drive, j’ai pu rapidement mettre en place un dépôt de notes accessibles depuis « presque » tous mes appareils. Encore ce « presque » ? Oui, « presque », car Boostnote n’est plus totalement multiplateforme. Le développement de sa version pour Android est, pour le moment, suspendue. Il m’est donc impossible d’ajouter ou éditer des notes depuis mon smartphone.

Pour ma part, passant mes journées derrière un PC, ce n’est pas un point rédhibitoire pour peu que l’outil s’avère vraiment performant. Malheureusement, après quelques jours d’utilisation, le bilan est malgré tout relativement mitigé. En effet, si d’un point de vue interface je trouve que Boostnote est vraiment léché et eye-candy, je le trouve peu fluide à l’usage. Lorsque je tapais du texte, Boostnote se figeait fréquemment pendant quelques secondes. Ça ne l’empêchait pas de continuer à enregistrer ma saisie et de l’afficher une fois le lag passé, mais c’était vraiment inconfortable. D’autant plus quand comme moi, on tape sans quitter son écran des yeux. L’enregistrement automatique des notes n’est, à mon avis, pas étranger à ce problème. Mais en toute franchise, je n’ai pas pris le temps de creuser la question.

Autre point négatif : l’absence de correcteur orthographique temps réel. Dans la mesure du possible, j’essaie d’écrire correctement au fur et à mesure de la saisie mais il m’arrive de faire des fautes de frappe. Comme tout le monde me direz-vous. Boostnote ne bénéficiant pas encore de spellchecker intégré, certaines fautes de frappes passent alors inaperçues. D’après ce que j’ai pu voir dans les préférences de l’outil, il semblerait que cette fonctionnalité puisse être activée. Mais il s’agit d’une version bêta pour le moment et qui plus est, disponible uniquement pour la langue de Shakespeare.

Note du 17/04/2019 : En poursuivant mes tests sur Boostnote, je suis parvenu à activer le correcteur automatique et contrairement à ce que j’avançais ci-dessus, il fonctionne également en français. En effet, je n’avais pas vu qu’un petit sélecteur était apparu en bas des notes. Il permet de sélectionner la langue du correcteur orthographique. Au temps pour moi… 😛

Boostnote correcteur orthographique en français.
Boostnote : correcteur automatique en français ! ^^

Enfin, dernier point qui ne m’a pas convaincu : l’attachement de documents à une note par glissé/déposé. Ce n’est clairement pas au niveau de ce qui se fait sur OneNote. Ici, un simple lien s’affiche. C’est un bon début mais on est bien loin de l’attachement du document complet comme dans OneNote.

Boostnote me paraît-il un équivalent convaincant à OneNote ? Vous l’aurez compris, à ce jour la réponse est : non ! En effet, Boostnote, même s’il est prometteur, n’est pas encore assez mature pour remplacer OneNote dans mon utilisation quotidienne. Je sais que Boostnote n’a pas l’ambition de devenir un équivalent à OneNote et qu’il s’agit d’un logiciel encore relativement « jeune » mais pour l’instant, trop de fonctionnalités manquent à l’appel. Pour tout vous dire, sa lenteur et l’absence de correcteur automatique m’ont assez rapidement frustré. Malgré son interface attractive et geek, j’ai fini par trouver son utilisation plutôt désagréable.

Quoiqu’il en soit, j’espère sincèrement que les prochaines moutures de l’outil vont renverser la vapeur car malgré tous ses “petits” défauts, Boostnote en a clairement sous le pied.

Synchronisation de Google Drive dans Ubuntu : le cloud a porté de souris ?

Illustration cloud computing
Infonuagique ^^

Mon écosystème numérique repose principalement sur la synchronisation de mes données. Que ce soit mes documents, mes notes ou autres, il m’est indispensable d’y avoir accès quelque soit l’appareil que j’ai sous la main.

Si du temps de mon regretté Windows Mobile j’utilisais principalement OneDrive, aujourd’hui je jongle allègrement entre ce dernier et Google Drive. D’une part car je dispose désormais d’un Androphone, d’autre part car il est beaucoup plus simple de monter Google Drive sur GNU/Linux que OneDrive.

Si vous connaissez l’environnement Gnome, vous savez sans doute qu’il propose nativement un connecteur à Google Drive. Malheureusement, ça reste un simple connecteur. Ainsi, vous retrouvez bien votre Google Drive monté dans Nautilus (comme un disque distant) mais il ne s’agit en aucun cas d’un dossier synchronisé en local. Le problème induis par ce fonctionnement est qu’il est très difficile de configurer les logiciels pour qu’ils y lisent ou écrivent des données. Par exemple, je ne suis pas parvenu à créer un dépôt pour mes notes Boostnote via ce connecteur.

Heureusement, il existe plusieurs solutions pour synchroniser un répertoire de son « /home » avec Google Drive. Soit dit en passant, c’est le fonctionnement natif de OneDrive sur Windows 10. Comme quoi, Windows 10 a beau être décrié, il est quand même pas si mal foutu.

Personnellement, j’ai opté pour la solution Google-drive-ocamlfuse. J’étais vraiment persuadé que ça ferait le job mais j’ai assez vite déchanté. Lors d’un trajet en train, j’ai voulu travailler sur mes notes quand je me suis rendu compte, non sans une certaine stupeur, que mon répertoire synchronisé avait tout bonnement disparu. En fait, j’avais configuré l’outil pour que la synchronisation s’effectue au démarrage de l’ordinateur. Si bien qu’en cas d’absence de connexion Internet à ce moment-là, la synchronisation ne se fait pas et le répertoire reste vide voire pire, il « disparaît » littéralement. C’est ballot, j’avais justement opté pour cet outil pour accéder à mes données hors connexion. Je pense qu’en creusant un peu j’aurais pu trouver une solution mais franchement, je n’ai plus ni l’envie ni la patience de régler ce genre de désagrément. Je veux que « ça juste marche » !

Bref, plutôt que de me lancer dans des bricolages et paramétrages douteux, j’étais sur le point d’installer une solution française, multiplateforme et respectueuse de mes données personnelles : Cozy Cloud. En plus, je connais bien cette solution pour l’avoir déjà utilisé lors de tests précédents. Malheureusement, vous connaissez la suite : Grub m’ayant joué des tours, je n’ai pas pu aller jusqu’au bout de la démarche. Mais ce n’est que partie remise !

Thunderbird, LE client de messagerie ?

Thunderbird sur Windows
Thunderbird ou l’austérité graphique

Dernier outil indispensable à ma vie numérique que j’ai eu le temps de mettre en place avant le drame : le client de messagerie. Personnellement, je suis totalement réfractaire à ce qu’on appelle les « webmail » donc il me fallait trouver un client à la hauteur de mes attentes. Pour moi, il doit être simple mais complet, sobre mais moderne. Sur ce coup-là, je n’ai pas vraiment fait dans l’originalité : j’ai décidé de laisser sa chance à Thunderbird.

Au départ j’hésitais entre MailSpring et Geary. Le premier est magnifique mais ses invitations à passer à la version payante m’agacent. Le second semble répondre à mes critères mais je le trouve trop simpliste. Je ne saurais dire pourquoi, mais il y a un petit truc qui manque. J’ai donc opté pour la solution que j’avais pourtant exclu dès le départ tant je ne l’apprécie pas : Thunderbird. Pourquoi je n’aime pas cet outil ? Pour faire court : son interface est moche, bordélique et loin d’être un modèle d’ergonomie. Pour tour vous dire, je le trouve un peu usine à gaz. Par contre, il fait le job et pour le coup, il le fait même très bien.

La version « out-of-the-box » de Thunderbird étant une horreur visuel (les goûts et les couleurs…), j’ai quelque peu agrémenté tout ça :

  • installation du thème Monterail
  • installation de l’extension Theme Font & Size Changer : indispensable pour réduire la taille des polices. Je ne comprends pas pourquoi les graphistes de Thunderbird s’évertuent à conserver une taille de police aussi exagérée à l’ère des écrans HD, full HD voire UHD.

Thunderbird est très performant, c’est indéniable. Mais malgré ces petites touches de personnalisation, l’outil manque cruellement de clarté et d’esthétisme. Trop d’options, trop de fonctionnalités, trop d’éléments affichés à l’écran : je n’adhère vraiment pas à l’interface. De deux choses l’une, à ma prochaine tentative : soit je bascule sur MailSpring, soit il faudra que je pousse la personnalisation. En l’état, je suis loin d’être convaincu par ce bref passage sous Thunderbird.

Conclusion de cette courte expérience

J’ai beaucoup aimé ces quelques jours passés sous Ubuntu 19.04. J’ai rapidement repris mes marques et j’avoue que le côté « bricolage » m’avait un peu manqué. Cependant, tout est dans le « un peu » car finalement, dès qu’il a fallu retrousser les manches, je me suis vite senti découragé. Manque de temps, manque de patience, appelez ça comme vous voulez, il n’en fallait pas plus pour que je supprime ma partition Libre.

Je vais retenter l’aventure, c’est indéniable. Il me faudra alors prendre sur moi car au-delà du système d’exploitation que je trouve franchement agréable au quotidien, c’est bien la logithèque qui risque de me poser problème. Trop habitué au produits Microsoft, je vais devoir revoir mes usages car honnêtement, certains outils libres ne sont tout simplement pas encore au niveau. Pour certains, par manque de fonctionnalités, pour d’autres, par manque d’ergonomie générale. Il faudra également que je réfléchisse à une solution pérenne concernant mon logiciel de gestion de comptes : BankPerfect. En effet, ce dernier n’est pas compatible GNU/Linux et j’ai déjà essayé de passer par Wine ou PlayOnLinux mais franchement, le résultat n’est pas du tout satisfaisant pour le moment. Bref, il reste du chemin à parcourir avant une bascule complète.

Reste maintenant à trouver le temps pour relancer une installation. Persévérance et patience me seront alors indispensables pour bousculer mes habitudes. Le jeu en vaut la chandelle, je le sais. Mais pour le moment, l’aventure continuera en machine virtuelle, c’est plus sûr.

3 commentaires

Il va falloir que tu passes par la virtualisation 😉 Adieu les problèmes avec Grub !

Tu soulèves un point que je n’avais pas pris en compte dans mes propres recherches de l’éditeur ultime de note : la correction temps réel. Autant sur mobile on a quelque chose de bien grâce à celui intégré dans le clavier, autant en desktop c’est rare ! Pour le moment, je reste sur le couple Joplin + Nas synology pour la synchro. C’est par contre beaucoup plus moche que boostnotes …

Pour Thunderbird, je croyais que Monterail rendait plus lisible l’interface. On dirait pas tant que ça finalement 🙁

Je pense que la meilleure solution serait de faire un mono-boot Ubuntu. Mais pour le moment, je ne peux me passer d’une partition W10 car nécessaire pour certaines de mes activités. Pour ce qui est de la virtualisation, je risque d’être un peu léger en RAM sur mon laptop mais je tenterai le coup à l’occaz.

J’avais testé Joplin il y a quelques mois mais je trouve l’interface beaucoup trop austère. Oui, je suis assez exigeant (chiant ?) niveau interface et ergonomie. 😛 D’ailleurs, en toute honnêteté, je ne trouve pas que l’interface de OneNote soit particulièrement réussie mais l’outil est si performant et fonctionnel que je lui pardonne ses petits défauts. Cela dit, dès que Boostnote sera au niveau, je switcherai sans état d’âme car je le trouve vraiment bien foutu. Et puis, l’édition en Markdown me manque vraiment dans OneNote.

Concernant Thunderbird, je reconnais que Monterail agrémente considérablement son esthétisme. Mais malheureusement, ça n’améliore pas vraiment son ergonomie. C’est dommage car Thunderbird reste une référence « sous le capot ». Avec une bonne refonte graphique, il pourrait largement écraser la concurrence. Mozilla devrait peut-être songer à embaucher les graphistes de Boostnote ?. 😛

Finalement, en poursuivant mes tests, j’ai découvert que le correcteur automatique de Boostnote fonctionne et que le français est bien pris en charge. 😛

Du coup, j’ai édité mon billet en ce sens. ^^

Au temps pour moi… 😛

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